1.8 La nature agit, l'homme fait

La géologie et le climat ont certes une influence dans l’évolution du paysage, mais c’est l’homme qui va progressivement tenir le plus grand rôle dans la transformation de son environnement.
La révolution Néolithique commence avec l’introduction dans le Jura de nouvelles espèces de plantes et des variantes domestiquées d’espèces animales. Les modifications du paysage se poursuivent dès le début de l’âge du Bronze par la coupe et l’incendie de mieux en mieux réglées des forêts pour y installer des champs et pâturages. On le constate clairement dans tous les diagrammes polliniques : la forêt mixte composée de hêtres, de sapins, de noisetiers, de tilleuls et de chêne en terrain sec ou d’altitude, d’aulnes dans les plaines alluviales, cède la place à des lisières, des haies et des forêts alluviales où le saule abonde. Les défrichements du Bronze final favorisent de nouvelles espèces de céréales comme l’orge, l’engrain, l’amidonnier, le millet et l’épeautre, mais aussi des légumineuses, comme les lentilles, les fèves et les pois. Les noisettes et les baies des bois, comme la fraise, la framboise ou la mûre, profitent des clairières ouvertes par l’homme pour proliférer. L’ouverture de la forêt a aussi pour conséquence une augmentation de l’érosion des coteaux, qui entraîne une sédimentation plus importante des fonds de vallées.
Les fouilles effectuées lors de la construction de l’A16 ont permis de se faire une idée plus précise de la densité de la population jurassienne au cours du temps. Ainsi, pour le second âge du Fer, on est passé de trois sites connus à près d’une vingtaine. Cela signifie que l’on n’a pas attendu le Haut Moyen Age et les moines défricheurs pour occuper les vallées.