3.3 Plus c’est inutile, plus c’est beau…

Réalisé au moyen des doigts ou à l’aide d’un outil plus ou moins élaboré, le décor sur céramique n’a aucun but utilitaire et n’est autre que l’expression d’une manifestation d’ordre esthétique.
Le décor sur céramique est à l’exemple du tatouage sur le corps ou du costume, soit une sorte de marqueur d’identité culturelle. Aux lignes courbes du vase répondent souvent les lignes droites des décors. Aux époques les plus anciennes, jusqu’à l’âge du Fer, on admet généralement que le façonnage des poteries est exécuté sur place par les femmes. Ainsi, toute modification dans la forme ou dans le décor de ces objets est interprétée comme un changement dans l’univers féminin. Ce n’est plus le cas à l’Epoque gallo-romaine, car l’essentiel de la céramique est alors importée et provient d’ateliers de production dans lesquels travaillent des hommes.
Les modes décoratifs - incisions, modelage, impressions, gravure, excision - de même que l’organisation des motifs sur les différentes parties des récipients bénéficient d’une attention toute particulière de la part des céramologues. La décoration peut aussi jouer par simple traitement des surfaces en contrastant des parties lisses et des parties laissées rugueuses, des partie peintes ou non, des zones glaçurées et d’autres qui ne le sont pas.
Les thèmes ornementaux peuvent être représentatifs d’une période, sans toutefois être exclusifs pour cette dernière. Ainsi, les décors peignés des céramiques d’Alle-Noir Bois, caractéristiques de la culture campaniforme à la fin du Néolithique, se retrouvent 3000 ans plus tard sur les poteries du Haut Moyen Age.

Pot

Poterie décorée au peigne, montée à la main. Ce type de poterie à usage culinaire trouve ses origines dans la céramique de La Tène finale. Malgré l'influence de la vaisselle méditerranéenne, il a été fabriqué sans discontinuité jusqu'à la fin de l'époque romaine.
Datation: 260/270 - 335 après J.-C.

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Poterie décorée au peigne, montée à la main