3.4 Les voies commerciales

Si les échanges à courte ou à longue distance ont existé dès le Paléolithique, ce n’est qu’à partir de la fin de l’âge du Fer et du développement d’un réseau routier que l’on peut véritablement parler de commerce au sens que nous lui donnons de nos jours.


C’est avec les céramiques que l’on observe le mieux les axes d’échanges. On admet généralement que les céramiques peuvent être produites sur place, car on trouve partout de la matière argileuse utilisable pour façonner des pots. Cependant, il est plus commode de se procurer une pièce toute faite que de la faire soi-même, sans compter que plus une céramique est élaborée, plus elle nécessite un savoir-faire qui n’est pas à la portée de tous.


En analysant les composants de l’argile, ainsi que les inclusions minérales contenues dans les pâtes, il est possible de déterminer si une poterie a pu être produite localement ou si elle vient d’une autre région. Le plus ancien exemple d’importation de céramique dont on a pu identifier la provenance remonte au milieu de l’âge du Fer avec l’arrivée dans le Jura, tant à Alle-Noir Bois qu’à Delémont-Les Prés de la Communance, des premières poteries tournées issues de la région du Kaiserstuhl en Allemagne. L’élément remarquable de ces poteries est de contenir, dans leur argile, des grains de pyroxène (composants minéraux) identifiables à l’œil nu. Ces poteries importées ne représentent alors que 5% de la totalité des pots. Le 95% restant est monté à la main et de fabrication locale.


Quelques siècles plus tard, la situation s’inverse et c’est le 95% des récipients qui est importé. A l’Époque gallo-romaine, les voies commerciales amènent en effet de grandes quantités de céramiques venues d’ailleurs, servant parfois d’emballage à des contenus précieux, comme le vin, l’huile ou le garum conditionnés dans des amphores. A cette époque, on apprécie aussi la vaisselle fine en terre sigillée, qu’elle soit lisse ou ornée. Certaines pièces sont même pourvues d’un sceau permettant d’identifier l’atelier dans lequel elles ont été produites. Cette tendance se poursuivra au Haut Moyen Age, comme le démontrent les cinq provenances différentes des poteries mises au jour dans les fermes de Develier-Courtételle.

Cruche

Cruche. Croix de St-André et ligne double de rectangles alternés imprimés à la molette. Traces d’enlèvement excentrées sur l’assise. Pâte orange, partiellement taché gris. Traces noires à l’extérieur.
Embouchure : env. 8 cm.
N° Inv. : CTT 994/5320 TI.
Référence : CAJ 15, p.55, pl. 28.585.

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Cruche

Assiette

Assiette calotte en poterie de Bonfol à glaçure intérieure jaune. Décor à l’engobe blanc sur cru, rehaussé de glaçure verte: filets, spirale et vannerie. Profil complet. Pâte rouge.
Embouchure = 20 cm; diamètre du fond =14 cm; hauteur = 4,2 cm.
Datation : Époque moderne, 18e siècle.
N° Inv. : POR 995/5204 GF.
Référence : CAJ 18, pp. 45-46, pl. 13.7.

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Assiette calotte à glaçure

Jatte

Jatte carénée. Céramique contenant des grains de pyroxène signalant une importation de la région du Kaiserstuhl en Allemagne.
Diamètre de l'embouchure = 17 cm.
Datation : La Tène ancienne, entre 450 et 300 av. J.-C.
N° Inv. : CTT 994/1748 TI.
Référence : CAJ 25, p. 112.

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Jatte carénée La Tène ancienne