4.7B Mystiques et collectionneurs du passé

Les haches en pierre polie permirent aux agriculteurs du Néolithique d’ouvrir la forêt et c’est dans une ferme du Haut Moyen Age que l’on en a découvert une collection.
Il est possible d’affirmer, à l’heure actuelle, que le Néolithique n’a laissé que des traces fugaces dans le Jura. A côté d’un intéressant corpus de haches en pierre polie du Néolithique moyen découvert sur le site d’Alle-Sur Noir Bois, le seul habitat d’une certaine importance est celui d’Alle-Noir Bois, daté de la fin du Néolithique et mis en relation avec la culture campaniforme, entre 2400 et 2200 av. J.-C. Cette rareté est confirmée par la discrète présence de haches polies en roche verte et de pointes de flèche néolithiques en silex, que l’on retrouve disséminées ici ou là. Pourtant, des témoignages indirects d’une occupation néolithique nous sont parvenus par l’intermédiaire de découvertes réalisées dans la fouille d’habitats du Haut Moyen Age. En effet, à Develier-Courtételle, sept haches polies ont été retrouvées, dont cinq rassemblées dans une seule ferme ; à Courtedoux-Creugenat, ce sont quatre pointes de flèche qui ont été mises au jour.
Ces découvertes anachroniques peuvent être mises en rapport avec les mythiques « céraunies », ou pierre de foudre, et les non moins légendaires « glossopètres », ou langues de serpents de pierre. Dès l’Antiquité et jusqu’au 18e siècle, on a attribué à ces objets de formes insolites des pouvoirs et des vertus d’ordre surnaturel, ce qui leur a valu d’aboutir dans la plupart des « cabinets de curiosités ». C’est sans doute également une croyance de nature semblable qui explique la présence de quatre fossiles vieux de plusieurs millions d’années dans un fond de cabane mérovingien à Chevenez-Lai Coiratte.