4.12 Des fours à chaux bien chauds

Le Jura est riche en petits cratères, restes d’une industrie autrefois fort développée dans l’arc jurassien. Pour s’en convaincre, il suffit d’évoquer tous les noms de lieux dont la toponymie rappelle directement la chaux.

A Boncourt-Grands Combes, les travaux de la Transjurane ont mis en évidence sept fours à chaux de périodes diverses : cinq installations datées de l’Époque romaine, une du Haut Moyen Âge et une du 18e siècle. Bien que des différences apparaissent dans les détails de leur construction, ils partagent néanmoins une conception de base semblable : ils sont de plan circulaire, possèdent une chambre de chauffe et une ouverture, la gueule, aménagée dans la paroi qui permet d’entretenir le foyer avec du bois. Une voûte sépare le foyer du calcaire à calciner qui est introduit par une ouverture dans la partie supérieure de l’installation. Entre un et trois stères de bois par mètre cube de calcaire sont nécessaire au but de cette production. Après plusieurs jours d’attention par les chaufourniers pendant lesquels la température du four était maintenue aux environs de 1000° C., le calcaire se transforme en chaux vive, produit très corrosif, facilement réduit en poudre, servant de stérilisateur et de désinfectant lors d’épidémie. C’est sous forme vive que la chaux était transportée vers les chantiers d’utilisation, où sous l’action de l’eau, elle était éteinte afin d’être utilisée comme mortier de construction ou pour le blanchissage des murs.